La douche froide suit toujours le coup de foudre

La douche froide suit toujours le coup de foudre
A une passante

La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;


Agile et noble, avec sa robe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.


Une éclair...puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?


Ailleurs, bien loin d'ici ! Trop tard ! Jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !


Charles Pierre Baudelaire est un poête raté du XIX' siècle. Catholique opposé à la France bourgeoise, il était sur les barricades en 1848. Malgré tout, il ne croyait pas en cette lutte de classe. Dans "Paysage", poême publié dans la section "Tableaux parisiens" de son recueil "Les Fleurs du Mal", il lance "L'Émeute, tempêtant vainement à ma vitre / Ne fera pas lever mon front de mon pupitre". Les Républicains ayant conservé le pouvoir, on ne peut pas vraiment lui donner tort.


C'était le mardi 1 novembre 2005 et je m'enflammais un peu.

17h45 je suis dans le métro 4. Sept stations et il est là. Il approche, et s'assoit sur le strapontin à coté du mien. Les yeux clair, la peau mat, c'est un rebeu des plus fantasmatiques. Jean fashion, fausse veste motard, baskets, casquette à l'envers... Je m'emballe. Il fait chaud, mais ma veste est déjà ouverte. Il manquerait plus que je me mette à poil... Je le regarde, il a la tête tourné, mais je vois le globe de son ½il se tourner vers moi, il tourne sa tête et je détourne aussi tôt la mienne, faisant mine de regarder la pub sur le mur de la station. Dieu que j'ai chaud. Quelques arrêts et c'est l'heure. Il se lève. Un cul à péter une case ! Je voulais péter une case. Dernier regard furtif. Il part, déçu, malheureux. Je suis déçu, malheureux. Les portes se ferment. Je pleurs. Le coeur sérré je me dis qu'il n'était qu'un passant...

C'est une reprise authentique du sentiment que j'éprouvais en rentrant chez moi le soir même.
En y repensant ça me fait sourire (jaune).
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# Posté le vendredi 09 janvier 2009 15:57

Modifié le samedi 10 janvier 2009 07:47

Qu'est-ce que je crains ?

Qu'est-ce que je crains ?
Vous n'avez jamais eu ce genre de conversation un peu vide, un peu relou, ou les réponses sont autant vicelardes que les questions ?

Je ne peux pas citer le nombre de fois ou je me suis retrouvé dans une telle situation ou chaque mot, chaque blanc est baigné d'hypocrisie.


Maman :

- Alors, t'as une copine / une amoureuse ?

- Non.
- Tu me fais peur, hein.
- Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
- Rien, mais je dis que tu me fais peur.
- T'inquiète pas pour moi. tout va bien...

Papa :

- Alors comment va ta copine ?

- C'est ma voisine / ma meilleure amie.
- Mais oui. C'est ça.
- Et elle va bien / elle t'envoie le bonjour.
- Parallèlement de même (l'une de ses expressions fétiches)
- Bon, n'oubli pas de préparer la grande grève de janvier...

Je le dis, je ne le dis pas ? Je dois le dire, ça ne regarde que moi ? Et après ? je ne reçois plus le pécule qui me fait si plaisir au début de chaque mois ? Et je ne peux plus payer mes factures ? et je suis obligé de trouver du travail (forcément précaire, forcément perte de temps) ? Alors ce ne serait qu'une question d'argent ? Un attachement particulier à un confort petit bourgeois (aujourd'hui, on dirait classe moyenne - même si je suis boursier -) qui me permet de ne pas travailler ? Non, je jcrois pas qu'on me couperait les vivres pour ça. Alors qu'est-ce que je crains ?

Le regard ? Je ne suis pas très susceptible. Les questions ? C'est clair qu'elles sont souvent ridicules et relouds, tant elles sont noyées soit dans les préjugés, soit dans la stupidité. Tous mes amis le savent. Et même s'il y en a qui ont oublié, ils s'en souviendront assez vite. Non pas que je sois exubérant, mais il m'arrive parfois de débecter des blagues bien salaces, bien grasses sur ce sujet ou d'autres. Donc, j'assume. Rien à foutre. Alors qu'est-ce que je crains ?

Le symbole ? Peut-être.
Maman, Papa, vous aurez peut-être des petits enfants, mais pas sûr qu'ils soient de moi... Et oui, je suis votre seul garçon. J'étais porteur d'espoir... La continuité de la famille. L'extension de la généalogie. La diffusion du sang. Je trouve ça assez pernicieux. D'abord, il s'agit d'une approche sexiste de la continuité du sang, puisqu'on considère que seul le père apporte quelque chose : l'enfant prend le nom de famille du père (moins aujourd'hui). Ensuite, j'ai une tendance irréfléchie à faire le lien entre continuité de la généalogie et enfermement communautaire ou national. Alors qu'est-ce que je crains ?

La liberté ? Plus besoin de pratiquer l'hypocrisie. Plus besoin de dire autre chose que ce que je pense. Plus besoin d'utiliser des termes vagues pour ne froisser ni ce que je pense, ni ce qu'on entend. La vérité ? On dit souvent qu'elle blesse. Mais peu m'importe. Il m'arrive d'être assez froid, franc, provocant, peut-être cassant, sans éprouver de remords. Alors qu'est-ce que je crains ?

Ca fait une heure que je me pose la question, en faisant des développements merdiques que, pauvres malheureux, vous avez eu le courage de lire jusqu'ici (bravo, super, congratulation...) sans trouver une fin aussi heureuse que dans les premiers films hollywoodiens. Pire, il n'y a pas de fin.

Comment vous le vivez ?
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# Posté le dimanche 28 décembre 2008 14:50

Modifié le lundi 29 décembre 2008 19:20

Sur une barricade

Sur une barricade
Sur une barricade, au milieu des pavés
Souillés d'un sang coupable et d'un sang pur lavés,


Un enfant de douze ans est pris avec des hommes.
- Es-tu de ceux-là, toi ! - L'enfant dit : Nous en sommes.


- C'est bon, dit l'officier, on va te fusiller.
Attends ton tour. - L'enfant voit des éclairs briller,


Et tous ses compagnons tomber sous la muraille.
Il dit à l'officier: Permettez-vous que j'aille


Rapporter cette montre à ma mère chez nous ?
- Tu veux t'enfuir ? - Je vais revenir. - Ces voyous


Ont peur ! Où loges-tu ? - Là, près de la fontaine.
Et je vais revenir, monsieur le capitaine.


- Va-t'en, drôle ! - L'enfant s'en va. - Piège grossier !
Et les soldats riaient avec leur officier,


Et les mourants mêlaient à ce rire leur râle
Mais le rire cessa, car soudain l'enfant pâle,


Brusquement reparu, fier comme Viala,
Vint s'adosser au mur et leur dit: Me voilà.


La mort stupide eut honte, et l'officier fit grâce.

[...]

Extrait d'un poème de Victor Hugo.

Viala désigne Joseph Agricol Viala, né le 22 septembre 1780 : ce gamin de treize ans fût un triste héros de la Révolution. Le 6 juillet 1793, Agricol Viala, avait tenté de sectionner les cordages du pontons avec une hache, sur les bords de la Durance. Ce geste tint à distance pendant quelques temps les fédéralistes marseillais qui envoya plusieurs décharges de mousqueterie. Le jeune garçon ne fut abattu d'un coup de fusil, en murmurant : « Je meurs, mais c'est pour la liberté ».

L'oncle du jeune garçon, Agricol Moureau, raconta l'événement dans une lettre qu'il envoya à Robespierre... Le dévouement de Viala lui valut les honneurs du Panthéon. Il fait partie des 660 personnalités à avoir son nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile. Il apparaît sur la 18eme colonne (l'Arc indique VIALA). Il est le pendant de Joseph Bara, 14 ans, mort en pleine bataille d'un coup de sabre sur le front, pressant la cocarde tricolore sur le coeur.
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# Posté le mardi 23 décembre 2008 15:31

Modifié le vendredi 09 janvier 2009 15:20

La police vous parle : n'ayez pas peur, restez chez vous !

La police vous parle : n'ayez pas peur, restez chez vous !
Quitte à ce qu'un ennemi intérieur
se cachent sous l'appellation
de mouvance groupusculaire

anarcho-autonome
de l'ultra gauche
à tendance terroriste


et justifie des lois sécuritaires
(antiterroristes, flicages, fichages...),

autant qu'il existe.




Il est des choses qui, si on laisse faire, risquent d'être irréversibles


Sur les faits en eux-mêmes, effectivement ça a été répété plusieurs fois, notamment par l'avocate de la défense : si porter atteinte à l'intégrité d'un caténaire est un acte terroriste, au même titre que piquer une poupée représentant Sarko sous-tend l'idée d'une atteinte physique sur sa personne, alors cela n'est que le témoignage du fait qu'on vie indubitablement dans un Etat-policier. Ni plus, ni moins.

Sur la symbolique des faits, maintenant : une initiative capable de provoquer un tel manège médiatique sans mettre en aucune façon la vie de quiconque en danger, ne serait-ce que celle de MAM et autres proto-journalistes qui s'égosillent en balançant des “ultra-gauche, terroristes, anarcho-autonome, extrêmistes...” à en crever, est une action dont on peut profiter en la politisant et en disant qu'elle permet de reformuler la notion de violence qu'on nous rabâche incessamment pour pointer du doigts les mecs des ghettos, les musulmans forcément islamistes, manifestants et autres taggeurs.

La violence c'est l'Etat policier et carcéral, c'est de tarifer les services publics et de les privatiser, c'est de faire payer la crise et la dette des riches... aux pauvres, c'est de modéliser la pensée par une emprise sur les médias et l'école. Et ça, si on ne le crie pas sur tous les toits, cette action n'aura servie à rien. Quel qu'en soit l'auteur. Et j'arrête tout de suite le proto-révolutionnaire qui estime que cette action discrédite le mouvement radical : d'abord, ce n'est qu'un caténaire. Ensuite ce qui le discrédite, c'est le traitement médiatique qu'on en fait et qui est de nature à dire aux gens ce qu'ils doivent penser. A savoir, l'extrême gauche est violente, démagogue et elle vous veut du mal.

Surtout restez chez vous ! N'ayez pas peur !

# Posté le mardi 02 décembre 2008 14:51

Modifié le vendredi 05 décembre 2008 05:42

YES, WE CAN FUCK YOU ALL !

YES, WE CAN FUCK YOU ALL !
YES, WE CAN !

Vous avez certainement entendu parler de l'appel "oui, nous pouvons" lancé par le CRAN.

Le fait que Barack Obama ait été élu Président des Etats-Unis d'Amérique a suscité partout chez nous un enthousiasme sans précédent.

La victoire du Président Obama demande de se poser la question de l'efficacité des politiques antidiscriminations américaines par rapport aux nôtres.


En effet, un président noir 40 ans après la ségrégation, c'est très fort.

On a l'impression que cette victoire témoigne de cette efficacité, et pourrait nous conduire à copier ces politiques.

Je crois qu'il faut rappeler que ce serait une erreur, essentiellement pour deux raisons.

TWO REASONS FOR CHANGE


D'abord, l'histoire des luttes noirs-américaines est sensiblement différente de l'histoire des luttes des minorités pigmentaires françaises. Des politiques de positiv'actions ont été mises en place. Ce qui a eu pour effet de créer une nouvelle classe moyenne noir, mais les discriminations sont restées lancinantes pour les plus pauvres. Et le communautarisme est solidement ancré dans les mentalités. Ca n'a pas l'air d'empêcher l'unité nationale, mais enfin, durant les élections présidentielles on parle de "vote noir", "vote latino", "vote gay" etc... C'est tout de même abbérant, n'est-ce pas ?

Ensuite, compte-tenu du fait que ce soit inefficace donc pour la grande majorité des noirs, on constate que cet effet de "visibilité" (sous-entendu, ce qui n'est pas visible n'existe pas ?!) s'avère un véritable écran de fumée pour masquer la réalité profonde du racisme et des discriminations qui existent encore aux Etats-unis. Et cet écran de fumée, qu'on se le dise tout de go, n'est certainement pas responsable de la victoire d'Obama. Mais au contraire, le nouveau Président est arrivé en place malgré cela. Et il est de notre responsabilité que l'on ne produise pas la même erreur.


OBAMA FOR CHANGE

Barack Obama y est arrivé seul, grâce à son charisme, et parce qu'il n'a pas douté de lui une seule secconde. Parce qu'il avait une équipe qui l'a bien conseillé. Je ne suis pas radicalement opposé à ce que des politiques soient mises en place en faveur des minorités. Bien au contraire. Mais ne pas faire n'importe quoi, ce n'est pas ne rien faire. Faire en sorte qu'il y ait des politiques chiffrées et contraignantes, je crois que c'est se tromper de méthode. Ni Roselmack, ni Yadé, ni Pocrain, ni Lozès, ni aucun autre noir ne saurait représenter les noirs en tant que noir.

Pour terminer, je crois qu'il faut être réaliste sur la volonté d'Obama de changer les choses en profondeur. C'est un démocrate, et sur les questions économiques, les démocrates n'ont rien à envier aux républicains.
Ces derniers sont des "conservatives" opposés à l'avortement, au mariage gay, et favorables à la peine de mort et à la vente libre d'armes à feu. Les premiers sont des "liberals" (libertaires) favorables à l'avortement, au mariage gay, et peu favorables à la peine de mort et à la vente libre d'armes à feu.

C'est donc essentiellement dans l'approche des libertés publiques qu'ils s'opposent, les républicains étant plus liberticides et moralistes notamment sur influence des religieux orthodoxes. Néanmoins, pour éradiquer la pauvreté et ses conséquences sanitaires et sociales, c'est sur le terrain économique qu'il faut agir en mettant fin une fois pour toute à l'oligarchie financière. Ce à quoi ne s'attachera pas le démocrate Barack Obama.


ALL CHANGE, NOTHING CHANGE !
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# Posté le mardi 11 novembre 2008 10:27

Modifié le samedi 17 janvier 2009 13:14